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interviewFabrice Le Roy : « Le vrai résultat, c’est ce que deviendront nos jeunes »

Elite Val D'Oise Handball

Fabrice Le Roy : « Le vrai résultat, c’est ce que deviendront nos jeunes »

A 47 ans, Fabrice Le Roy, Cadre Technique Fédéral au Comité du Val d’Oise, joueur, entraineur et formateur mythique du club de Saint-Gratien Sannois, est aujourd’hui Directeur de la Formation au sein de l’Elite Val d’Oise Handball. Il a un œil avisé, raisonnable, optimiste et mesuré sur tous ces jeunes qu’il voit passer, forme, supervise, mais aussi sur l’évolution logique de l’EVO. Sans s’enflammer, l’important selon lui, c’est le jeune, sa formation, son éducation et la pratique proposée. Le reste n’est que du sport.

ELITE VAL D’OISE HANDBALL : En ta qualité de Directeur de la Formation de l’Elite Val d’Oise Handball, quel bilan dresses-tu de la première partie de saison des équipes jeunes U16 et U18 cette saison ?
FABRICE LE ROY : « Mitigé. Les U16 ont atteint l’objectif prioritaire du club, qui était de se qualifier en championnat Elite Région. Maintenant, on est dans un process de formation, car ils ont le niveau de jeu acquis. Il faut à présent bien se former par rapport à ce niveau-là. Les U18 Championnat de France, c’est en dent de scie. L’objectif de la Poule haute n’a pas été atteint. Sur ce collectif, on a de bonnes performances sur certains matches et des contre-performances contre des équipes à notre portée, dont une qui nous coûte – je pense – la qualification. Après, leur phase de reprise en 2022 est catastrophique. En raison de conditions d’entraînement difficiles déjà dues au Covid, à des cas contacts, avec beaucoup d’absents et des entraînements parfois à 5-6. La dynamique est perturbée, tu as beaucoup de matches reportés. Ensuite, je pense que la non qualification a touché moralement les joueurs, même s’ils ne le montrent pas. »

 

EVOH : Tu es responsable de l’ensemble de la filière jeune, créée en 2017 en même temps que l’Elite adulte avec les U18 CF tout d’abord, et non plus coach de jeunes comme ces dernières années. L’objectif est-il pour toi de surveiller leur formation avant de penser aux résultats ?
F.L.R. : « Je pense que les résultats ne sont importants que pour une chose : on ne se forme pas et on ne progresse pas dans la défaite, mais dans la victoire par rapport à l’aspect mental des choses. En prenant beaucoup de hauteur, l’important est de former des joueurs individuellement pour qu’ils atteignent leurs objectifs, personnels aussi, et pour nous d’essayer de renouveler notre N3 Elite et à terme la N1. L’exigence est double. En U16, finir 1er ou 4e, en tant que dirigeant, je m’en moque. Mais je veux voir les joueurs progresser pour intégrer possiblement les U18 Nationaux l’an prochain. En U18 Nationaux, la problématique, c’est aussi de sauver sa place au niveau national. »

 

EVOH : Et les U18 Régionaux ?
F.L.R. : « C’est une équipe compliquée. On a eu beaucoup de blessures et de va-et-vient entre les collectifs. Il est difficile de créer une dynamique de groupe. Maintenant, l’équipe est qualifiée en Région. C’est bien. Même si ce n’est pas en Elite, c’est bien, car je pense qu’ils n’avaient pas forcément le niveau pour y aller. Ça permet à des joueurs de découvrir, pour beaucoup, ce niveau régional et continuer leur formation personnelle. »

 

EVOH : La façon de fonctionner de l’Elite avec une interaction entre les groupes, et des joueurs qui peuvent monter ou redescendre, et pas d’équipe figée, n’est-ce pas compliqué à gérer pour les coaches ?
F.L.R. : « Si, mais on n’a pas le choix si le prisme, c’est l’évolution du joueur. A partir du moment où le joueur qui progresse en Région atteint le niveau Championnat de France, on est dans le devoir de lui proposer ce niveau. Et inversement. Un joueur du groupe national doit jouer le week-end. Donc il peut redescendre. On veut offrir les meilleurs entraînements possibles aux gamins et qu’ils puissent jouer le week-end. Dans la dynamique d’équipe, c’est compliqué, mais si le curseur est l’individu, on est obligé. Ça ressemble à ce que font les clubs pros avec les centres de formation. Ce n’est pas facile, mais on doit gérer. »

 

EVOH : Tu connais très bien le Val d’Oise. C’est une terre fournie, historique, formatrice, révélatrice de handballeurs ?
F.L.R. : « On est sur une bonne dynamique depuis une quinzaine d’années. On a sorti quelques joueurs pros. Cela donne une image dynamique du territoire, que ce soit en garçons ou en filles. Mais c’est un travail remis en question chaque année, avec de nouvelles générations. Chaque année, il faut essayer de maintenir le curseur. On a surfé sur la dynamique de formation de joueurs comme Dika Mem, Rubens Pierre, Kevin Taufond, Kenny Vermont, Wallem Peleka qui vient de débuter en pro au PSG, Romain Mathias, gardien en Proligue à Strasbourg. Ces générations 1997, 1999 ou 2003 qui a été championne Intercomités. Des gamins qui signent régulièrement en Centre de formation. Maintenant, la complexité est de les garder sur notre territoire, car on n’a pas le niveau de jeu adéquat pour. Si tu es en Proligue, tu peux pérenniser tes gamins de très haut niveau, dans un premier temps. Mais tant que tu n’es pas en Proligue, ils partiront dans des centres. On a des U18 qui risquent de partir dans ces centres… »

EVOH : C’est un sujet épineux parfois. Comment vois-tu la perception du projet Elite Val d’Oise chez les autres clubs ? Y a-t-il beaucoup de jalousie ou au contraire un intérêt à venir travailler “avec l’Elite” en proposant des jeunes joueurs ?
F.L.R. : « Pas de jalousie… Même si elle a toujours existé entre les clubs selon les moments. L’Elite Val d’Oise est un projet de performance de deux clubs, Saint-Gratien Sannois et Franconville Le Plessis Bouchard, surtout Saint-Gratien Sannois au départ. Tout part de “l’échec” du club de Saint-Gratien de se maintenir en Proligue, alors qu’il y était parvenu en 2016. On s’est aperçu que seul, sur le territoire, Saint-Gratien Sannois ne pouvait pas pérenniser un niveau de pratique en Proligue. D’où l’idée de fédérer, encaissée aussi par l’Entente 95 U18 créée par le Comité du Val d’Oise et avec qui on a performé. On a sorti beaucoup de joueurs. A mutualiser comme ça, on a impulsé pas mal de choses. L’Elite Val d’Oise avec ses quatre villes associées de Franconville, Le Plessis Bouchard, Saint Gratien et Sannois entre dans cette logique d’essayer d’avoir un club de performance sur le territoire. La même chose se créé sur Roissy Pays de France. On s’aperçoit que dans le Val d’Oise, on est un peu dans l’obligation structurelle de plutôt penser à des clubs d’agglomération que des clubs municipaux. Un club de dimension municipale ne pourra plus être en performance sur notre territoire. Mais un club d’agglomération peut se construire sur un projet de performance. On ne va pas se mentir, la performance, c’est l’argent, le nerf de la guerre. Avec la complexité que Saint-Gratien Sannois et Franconville sont sur deux agglos différentes. Nous le Val d’Oise, on a tout à tirer d’avoir des clubs à l’Est, au Centre, à l’Ouest avec Cergy, Saint-Ouen-L’Aumône. C’est la concurrence qui fera la force et l’obligation de se dépasser. »

 

EVOH : Tu as été joueur, entraîneur d’adultes, de jeunes, à Saint-Gratien et avec l’Elite. Tu es père de joueur, d’entraîneure aussi, formateur au niveau département, région, fédéral depuis des années. Au travers de ces expériences, comment analyses-tu l’évolution des jeunes sur une vingtaine d’années ? Une filière performance est-elle indispensable pour la réussite des clubs et de ses jeunes ?
F.L.R. : « Des clubs, non. C‘est le projet du club qui fait la différence. Le club a-t-il un projet de performance ou plus de développement ? On a des projets de clubs basés sur un projet associatif, de développement pour accueillir le plus grand nombre avec une multitude d’activités allant du Baby Hand aux Loisirs, en passant par le HandFit et ça a autant pour moi de valeur qu’un club de performance. Ce sont des choix de club et de politique sportive. On a 27-28 clubs dans le Val d’Oise. Si demain on a 28 clubs avec un fort pouvoir attractif avec des activités de développement, on sera aussi fort que si on avait un club de performance. Car les clubs doivent être au service de leur territoire. Parfois, des clubs de performance en sont déconnectés. C’est une question de prisme de politique sportive. Pour le jeune dans le Val d’Oise, on est dans l’obligation que dans chaque territoire, le gamin ait une offre de pratique de performance. Comme à l’école… Le Val d’Oise doit avoir une, voire deux structures jeunes de performance, car on a des liaisons autoroutes et ferroviaires avec des temps de trajets qui peuvent être long. »

 

EVOH : L’extension de la filière cette saison aux U16 est une suite logique, une nécessité ? On a vu une équipe U14 sous le terme Entente en tournoi Région.
F.L.R. : « Les U16, c’est une logique, car U15, c’est un étage auquel l’enfant fait le choix d’une pratique semi-compétitive ou de performance. Il faut proposer cette pratique-là. C’est une obligation de proposer les deux filières. En U14 (U13 l’an prochain), l’idée c’est de commencer à “semer la graine”. L’objectif est d’avoir des clubs associatifs de Saint-Gratien Sannois et de Franconville Le Plessis Bouchard forts individuellement dans le développement des U6 aux U12-U13 et que par moment, on ait des regroupements de performance pour commencer leur intégration en U15. »

 

EVOH : Tu penses aussi que chaque catégorie a ses temps de passage obligés dans le process de formation d’un jeune joueur ?
F.L.R. : « Oui, mais jusqu’en fin de U13, c’est un projet de formation pure. On essaie d’attirer le plus possible de jeunes à la pratique du Hand et une fois dans nos clubs, l’idée est de remarquer le plus vite possible les meilleurs profils pour le haut niveau avec des outils de détection morphologique, physique, mentale et voir le projet du gamin. A partir de là, on leur propose deux filières. Ça commence en U15, mais il faut semer la graine avant. Les U13, c’est aussi le début des sélections départementales. Ça commence à entrer dans le process à partir de cet âge-là. Attention ! L’an prochain, il n’y aura pas de U14 de l’Elite Val d’Oise ! Simplement-là, tu rapproches tout le monde parents, enfants, coaches pour le travail d’après. »

 

EVOH : Faudrait-il que l’Elite Val d’Oise tende vers la création d’un vrai club et ne reste pas qu’une association comme aujourd’hui ? Soit en formant un vrai club séparé, soit en devenant une fusion globale de l’ensemble avec St-Gratien et Franconville ?
F.L.R. : « La structure juridique a son importance pour la performance. Si tu veux jouer en Proligue, tu dois tendre vers un modèle de Société Sportive. Donc, l’Elite Val d’Oise, a minima N1-N3, doit se rapprocher vers ce modèle. Il y a la N3 Filles aussi. Après, pour moi, l’important est de continuer à avoir sur chaque ville une offre de pratique Handball de proximité pour les enfants. Les deux associations des quatre villes doivent avoir une association forte dans l’accueil. Après, que ce ne soit qu’une seule entité, c’est de l’administratif ça. Tu peux n’avoir qu’une entité. Et après, chaque une ville avoir cette possibilité d’accueil et ça ne changera pas. Après, ce n’est pas le projet, je pense. Le projet est de se reposer sur deux piliers forts que sont les deux clubs et que l’Elite soit l’essence de ces deux clubs. La performance, elle, devra se structurer en Société Sportive je pense. »

EVOH : Peut-on voir des catégories encore plus jeunes sur l’Elite concurrencer nos clubs ?
F.L.R. : « Non, ça ne se passera pas ça. L’Elite ne sera jamais déconnectée des clubs. Elle appartient aux deux clubs, voire aux municipalités avec la création d’une Société Coopérative. Les deux vivront toujours ! C’est une commande des maires et des politiques. L’Elite Val d’Oise ne tuera pas les deux clubs ! »

 

EVOH : Parle-moi des techniciens qui travaillent avec nos jeunes. Il y a dans leur recrutement des exigences sportives, humaines, d’âge, de dosage dans la constitution d’un binôme et des objectifs selon la période de formation ?
F.L.R. : « Ce qui compte, c’est la compétence technique. L’idée est de prendre des gens investis et disponibles. On n’a pas énormément de turnover, des entraineurs fidèles, mais aussi des départs personnels ou que l’on ne pouvait pas anticiper. Dans le profil d’un coach, on cherche la compétence, l’investissement, la disponibilité. Le profil mental est une richesse, qu’une équipe éducative ne soit pas composée que de techniciens identiques, notamment dans le management. A chacun sa personnalité, sa façon d’aborder la relation entraineur-entraîné. Cela doit être une force ! A la fin du parcours de l’enfant, ce qui compte c’est l’ensemble des rencontres qu’un enfant s’est construit de telle ou telle manière. Tout le monde veut que la formation soit instantanée, que les résultats soient là. Mais c’est à la fin du parcours que l’on fait le bilan. Le vrai résultat, c’est ce que deviendront nos jeunes, handballistiquement et humainement. Je forme des handballeurs et des hommes avec des valeurs. Si demain “il” arrête le Hand mais décroche un super boulot, je serai aussi fier. Nous, on fait partie d’un moment de leur vie et on essaie de leur donner des valeurs éducatives, associatives. On ne sortira pas des extraterrestres tous les ans, mais des gens qui aimeront le sport, le Hand j’espère, et qui, à travers sa pratique quelle qu’elle soit, auront des valeurs de travail, de persévérance, d’abnégation, d’ambition qu’ils pourront réutiliser dans le monde du travail. »

 

EVOH : Les clubs et l’Elite forment un tout. Dans la structuration Elite et son avenir, qu’est-ce qui est le plus important des jeunes ou des équipes adultes ?
F.L.R. : « Si tu considères ça comme une pyramide, sans toit, elle n’est pas finie d’être construite et sans socle, elle s’effondre. Après, l’idée du professionnalisme et du statut VAP reposent avant tout sur la structuration. Le “sportif”, c’est plus dans le cahier des charges fédéral. Si notre N3 devait être reléguée, cela ne remettrait pas en cause les ambitions de la N1, mais la politique sportive de l’Elite. C’est compliqué d’avoir une Prénat’ et des U18 Nationaux. Une N3, c’est un peu le Centre de formation d’une N1. Sans N3, de nombreux jeunes pourraient partir. »

 

EVOH : Peut-on envisager l’idée un jour de créer un Centre de formation ?
F.L.R. : « Oui ! On a toutes les armes pour l’avoir. La proximité des installations avec le CDFAS, une capacité à proposer de l’hébergement, de l’entraînement à proximité en journée et sans transport. On a la proximité sur Paris et sur Cergy d’universités avec la gare d’Ermont-Eaubonne. On a tout pour, et après, il faut les moyens. On a vécu ça avec Saint-Gratien Sannois. Quand on a pris le projet associatif il y a une quinzaine d’années, le club était en Excellence Région et en Nationale 2 en Séniors. Puis on a voulu monter en N1 et on a monté l’autre équipe en N3 et on avait les U18 Nationaux. On avait ce continuum de formation solide. Maintenant, on est associé avec Franconville avec sa force et son équipe qui était en N3. On veut pérenniser le projet. Maintenant, si tu vas en Proligue, il faut tout de même un sas national en-dessous, car le passage des jeunes chez les adultes est très dur. Alors passer des U18 à la N1 voire la Proligue, c’est rare ! Il faut un sas N3-N2 pour acquérir de l’expérience, jouer. Ça ne sert à rien de monter en N1 et cirer le banc une heure. Il faut comprendre, comme en U18 France et Région, qu’il vaut mieux jouer en-dessous qu’être juste sur la feuille de match et ne pas jouer, même si c’est glorifiant. On insiste là-dessus. »

 

EVOH : L’Elite Val d’Oise Handball est partenaire du Montpellier HB depuis un an. Quels peuvent être les objectifs dans le sens “formation” du partenariat ? Peut-on imaginer un jeu identique ou une identité sur toutes les catégories comme à Montpellier ou peut-on imaginer révolutionner son jeu pour “copier” le beau jeu pratiqué à Montpellier par exemple ?
F.L.R. : « Ce partenariat n’est pas dans tout cela. Il a débuté sur des bases humaines, car Vincent Blanchard (coach des U16 Elite) et moi-même connaissions Patrice Canayer (Manager du MHB). C’était aussi une démarche d’eux d’avoir des clubs satellites. L’idée est d’avoir des échanges de cadres, d’entraineurs, sur la formation des entraineurs, des joueurs aussi, des échanges constructifs comme des tournois, des stages… De l’idée et vivre autre chose plutôt que de toujours rencontrer les mêmes équipes, ce qui est notre problématique avec la refonte du championnat U18. Nos gamins se confrontent très peu à d’autres cultures Handball. »

EVOH : Au moment où on parle beaucoup de physique, de joueurs costauds, d’autres profils émergent. Comment axez-vous votre formation ?
F.L.R. : « On cherche des profils bien entendu. Mais ce qui fait la différence aussi entre les joueurs, c’est la capacité à croire en son projet et sa force mentale. A partir de là, si un joueur a ces atouts, il compensera ses faiblesses par d’autres qualités très fortes. »

 

EVOH : Les 2004 vont vous quitter pour intégrer le monde Séniors… peut-être. Y’ aura-t-il dans votre tête l’idée de réussite ou d’échec selon ce que ces joueurs deviendront ? Ou vous direz-vous “on a fait ce que l’on a pu, maintenant c’est leur choix” ?
F.L.R. : « Nous, on a mis en place un parcours. On accompagne du mieux possible. Après, les choix sont individuels. Si des joueurs partent en Centre de formation, c’est valorisant pour le club, car ça prouve qu’on les a bien accompagnés, qu’on a bien travaillé. Après, c’est un échec, car ils ne veulent pas poursuivre avec nous malgré l’offre de pratique qu’on leur propose. Ces jeunes peuvent réussir chez nous. S’ils partent, c’est un échec. Notre idée est qu’un maximum de nos jeunes atteignent le niveau de notre équipe première, en sachant que un ou deux par génération y arrivent parfois, un peu plus s’ils sont persévérants. La problématique, c’est la persévérance sur le long terme, leur capacité d’y croire longtemps. Nos jeunes y arriveront-ils à 21, 22, 23, 24 ans ? Resteront-ils au club autant de temps ? On a de beaux profils pour atteindre ce niveau comme Maxime Mantey, Killian Deroy, des 2003 montés l’an passé, Ali Traoré ou André Hartheiser plus âgés. Nous avions Youssef El Mouaddar qui est parti à Tremblay, peut-être aussi parce qu’on l’on n’a pas su le retenir. Des jeunes en U18 ont aussi du potentiel. »

 

EVOH : L’entraineur que tu as été peut-il avoir des regrets sur des échecs ?
F.L.R. : « Il ne faut jamais vivre avec des regrets et on ne peut pas tout maitriser. Ce qui m’ennuie en tant que dirigeant de club, ce sont les joueurs qui partent dans un autre club de même niveau. Là, je me dis “on n’a pas été bon”. Ceux qui arrêtent avant, c’est un choix de vie. On ne peut rien faire, ni maitriser. Les enfants ont changé depuis quelques années. Beaucoup de facteurs font que les jeunes partent aussi dans le sens scolaire-travail et quittent leur club. »

 

EVOH : Ton rêve de formateur serait de voir une N1 ne comportant que des jeunes formés à l’Elite ?
F.L.R. : « Mon rêve (il rigole)… Je l’ai déjà vécu. C’est de trouver des Dika Mem tous les ans. Je n’ai pas de rêve. Je fais ce métier, car j’aime ça. Je suis autant fier d’un gamin comme Dika qui a commencé le Hand ici et que l’on a accompagné dans son parcours avec l’équipe technique jusqu’à aujourd’hui, de Wallem Peleka qui a débuté en pro avec le PSG que d’un Martin Oliver, pièce maitresse et identité des Diables Rouges jusqu’au bout, qui a commencé à 16 ans avec nous en équipe première. Je suis fier de joueurs comme les Jarrigeon, Joël Chad-Molinier, Vincent Rilhac, Thomas Vidard, Maxime Dumas… Après, j’ai vécu l’aboutissement d’un projet associatif d’une montée en Proligue avec Saint-Gratien Sannois. C’est l’après qui a été difficile. Ce sont de sacrés moments de vie tout ça. »

 

EVOH : Alors parlons comme ton objectif de voir un certain nombre de “nos” jeunes débarquer en N3 lors de la saison 2022-2023…
F.L.R. : « Le passage U18-N3 doit se faire immédiatement, effectivement. Normalement, un gamin en U18 CF doit avoir les compétences requises pour intégrer la Nationale 3 immédiatement. Si ce n’est pas le cas, c’est que c’est un échec ou un mauvais choix. Et si tout va bien, il peut développer d’autres compétences entre 18 et 23 ans avant d’intégrer la N1, même si d’autres vont plus vite. Mon idéal, je ne parle pas de rêve, ce serait que le Val d’Oise arrive à avoir une équipe en Proligue avec un Centre de formation structuré et qu’on arrive à avoir une identité Val d’oisienne de par les joueurs qui la constituent, sans s’enfermer là-dedans. Si c’est pour “monter” et n’avoir qu’une équipe “hors-sol”, ça ne m’intéresse pas. On a déjà constitué des équipes avec que des joueurs extérieurs… mais qui s’identifiaient au département. Des joueurs qui ont apporté de la fraicheur. Des Jean-Baptiste Blache, Simon Queva, Alex Go, Mamadou Faye ne venaient pas du Val d’Oise, mais s’y sont identifiés. On a créé une histoire humaine. A la fin, ce qui reste, ce sont les aventures humaines que tu as vécues avec les joueurs plus que les résultats. »

Interview : Frédéric THOOS (EVO)

Photos : Vanessa BROUSSIER MOREAU (EVO)

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