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interviewLahcen Bellimam « Cette équipe, c’est comme une famille »

Elite Val D'Oise Handball

Lahcen Bellimam « Cette équipe, c’est comme une famille »

A 32 ans, le défenseur marocain est un des joueurs les plus expérimentés du collectif Val d’Oisien. International depuis 2011, il apporte son poids notamment à une équipe qu’il n’hésite pas à comparer à une famille. Calme, posé, il pèse ses mots micro ouvert avant de lâcher les shoots avec son bras gauche et stopper les attaquants sur le terrain. Lahcen se livre en toute sérénité.

 

 

Elite Val d’Oise Handball : Tu es arrivé en mai 2020. Mais comme la saison dernière a été très courte à cause de la pandémie, cette saison est ta première complète ici. Dans quel état d’esprit l’as-tu abordée, comme l’ensemble du groupe ?
Lahcen Bellimam : « On a attaqué la saison avec une grande faim, l’envie de gagner. Le club a fait le nécessaire pour que l’on ait le statut VAP et constituer un solide collectif afin de jouer la montée en Proligue. Personnellement, comme tout le monde, j’ai été choqué par la situation sanitaire. La saison s’est arrêtée au bout de cinq matches. Je n’ai pas pu montrer mes qualités. Je suis donc reparti pour me monter et surtout aider le club à aller beaucoup plus loin. »

EVO : Cette année encore, le groupe a beaucoup évolué. Etant arrivé récemment avec une énorme expérience, comment te situes-tu dans ce collectif jeune et des joueurs comme Omar Benali et Fabien Segarel plus âgés que toi, sortes de grands frères et capitaines de route pour le groupe ?
L.B. : « Maro et Segz sont très performants. Ils ont donc cette légitimité pour mener le groupe. Le club sait bien former ses jeunes. L’an passé, Nélio Indjai est parti en D2 à Billère. Cela montre notre qualité. Mais d’autres sont arrivés avec un gros bagage. On discute souvent ensemble pour faire progresser le collectif. Le coach nous laisse beaucoup ensemble pour discuter, échanger et faire avancer l’équipe. »

 

EVO : Ce groupe vit très bien et est très agréable de l’extérieur. Comment le vois-tu ?
L.B. : « Je vois des joueurs, cette équipe comme une famille. Tu sais, il n’y a aucun problème. Dans chaque club, il y a toujours des petites choses. Mais pas ici. Tout le monde est dans le respect de la vie de groupe et le travail à fond, concentré sur l’objectif. »

 

EVO : Toi aussi, tu as déjà une anecdote à raconter ?
L.B. : « On a une vie de groupe magnifique. Dans le bus, ça rigole. Après les matches, on passe beaucoup de temps ensemble, on mange ensemble comme des amis, comme une famille. »

 

EVO : Malgré tout, le début de saison a été difficile avant la victoire à Saintes et cette reprise face à l’US Dreux Vernouillet. Quel est ton avis sur ces premiers mois de compétition ?
L.B. : « L’équipe a beaucoup évolué. Au début, il faut toujours du temps pour s’habituer et jouer ensemble. C’est normal. On n’a pas non plus eu la petite chance parfois qui fait basculer un match. On a fait trois matches nuls ! Cette victoire à Saintes nous a rassurés et devrait nous permettre d’enchainer les victoires. »

 

EVO : Enchainer, mais sans se précipiter.
L.B. : « Nos deux coaches, Safwann Khoudar et Youcef Aoulagha nous résonnent par rapport à cela. Ils nous disent de voir vraiment match après match et de ne pas nous projeter trop loin. L’objectif, c’est de battre Dreux Vernouillet… avant de penser à la prochaine équipe, puis la suivante, et ainsi de suite. J’espère juste que la chance sera un peu avec nous. Car pour le moment, elle n’a souvent pas été de notre côté. »

 

EVO : Quel est ton objectif avec l’Elite Val d’Oise Handball ? A 32 ans, tu as déjà joué en Proligue. Tu veux y retourner ?
L.B. : « C’est ça. Quand le club a annoncé que nous avions le statut VAP, tout le monde a été heureux. Cela démontre nos ambitions. On veut être l’équipe phare du Val d’Oise la mieux située en championnat. Notre objectif, c’est la montée. Mais ça passe par le fait de se montrer, jouer, gagner. Pour le moment, la chance n’est pas avec nous. Mais l’objectif est toujours là. Et surtout l’état d’esprit est très bon. »

EVO : Qu’est-ce qui t’a décidé à rejoindre l’Elite il y a un an et demi ?
L.B. : « J’ai parlé avec Youcef Aoulagha. Il m’a parlé de l’équipe que le club était en train de monter, voulait monter et des objectifs aussi. Je connaissais aussi Maro et Segz contre qui j’ai joué en Coupe d’Afrique des Nations. Cela m’a motivé pour venir ici. »

 

EVO : Tu as eu 32 ans en septembre. Parle-nous de ton passé de Handballeur. A quel âge as-tu commencé ?
L.B. : « J’ai commencé à 17 ans seulement. C’est tard. J’ai débuté en 3e division au Maroc, une saison. Puis, je suis parti dans le plus grand club de ma ville, Marrakech, au KACM. Je suis resté longtemps avec eux. Puis j’ai joué en Arabie Saoudite et je suis arrivé en France en 2016, à Vernouillet. »

 

EVO : 17 ans, c’est très tard. Tu as pratiqué d’autres sports avant ?
L.B. : « J’ai joué au foot, au volley. J’ai fait beaucoup de sports, car j’ai obtenu un Baccalauréat section sportive. J’ai aussi fait de l’athlétisme. Et par chance, je suis arrivé dans le Hand. »

 

EVO : Comment as-tu débuté ?
L.B. : « C’est un très bon coach au Lycée, Ahmed Ait Talaoul qui m’a repéré. J’étais gaucher et j’avais déjà un grand gabarit (il mesure aujourd’hui 1m94 pour 103 kg). J’étais plus grand que les autres. A Marrakech, on a un Lycée pour les sportifs, le Lycée Ibn Abbad. On pratiquait le Hand, mais beaucoup d’autres sports aussi à bon niveau. C’est parti comme ça. »

 

EVO : Tu es né dans une famille de sportifs ?
L.B. : « Mon frère jumeau joue au basket, mais il a arrêté et j’ai aussi beaucoup de cousins qui jouent au Hand. »

 

EVO : Comment as-tu décidé de rejoindre l’Europe et la France pour venir jouer au Hand ?
L.B. : « Quand j’ai commencé au Maroc, j’ai vite accroché et je me suis dit : “pourquoi pas continuer et venir en Europe pour progresser”. La France est un grand pays de Hand. Alors, je me suis dit “il faut que j’y sois”. »

EVO : Tu es né dans un pays où le sport roi, c’est le foot. Cela ne t’a pas attiré avant le Hand ?
L.B. : « Comme chaque enfant, j’ai aimé jouer au foot. Dans mon quartier avec les copains. Mais au Lycée, quand j’ai découvert le Handball, c’était parti. »

 

EVO : Les pays du Maghreb sont réputés pour avoir de bonnes équipes depuis quelques années. On a connu la Tunisie avec des joueurs comme Issam Tej, qui a joué à Montpellier et à Créteil notamment. On a un peu découvert le Maroc à la dernière Coupe du monde. Quelles sont les qualités des joueurs maghrébins ?
L.B. : « La vitesse dans le jeu, l’endurance et le côté rugueux en défense. Moi, ce sont mes qualités, mais j’essaie aussi d’améliorer ma technique et mon physique pour apporter encore plus à l’équipe. »

 

EVO : Tu as d’autres qualités et des défauts ?
L.B. : « Qualités, la vitesse donc, les 1 contre 1 et la défense. Même à 32 ans, je travaille toujours pour progresser. Du côté des défauts, peut-être en faire encore plus pour aider l’équipe en défense justement. »

 

EVO : Dans tes objectifs cette saison, il y a aussi la Coupe d’Afrique des Nations qui aura lieu au Maroc en janvier. Ce serait un rendez-vous important pour toi…
L.B. : « Je suis en sélection depuis 2011. J’ai joué cinq CAN et une Coupe du monde en 2021 (il s’agissait de la 7e pour le Maroc). Cette Coupe d’Afrique au Maroc, il faut que j’y sois. J’aimerais y être et rejouer chez moi pour mes couleurs. En 2011, ma première CAN se déroulait déjà au Maroc. Chez nous, il faudra bien jouer et aller le plus loin possible. »

 

EVO : On connaît l’importance de représenter son pays pour un sportif. Pour vous, jouer une CAN à domicile, c’est encore plus spécial ?
L.B. : « Oui, bien sûr. Tu joues devant tes supporters, ta famille. Tout le monde est fier et au pays, tout le monde est fier de moi, de mon parcours. Donc, ce serait vraiment particulier d’y être. »

 

EVO : Cette CAN est d’autant importante, qu’elle qualifie pour la Coupe du monde.
L.B. : « Oh oui. L’an passé, on a retrouvé la Coupe du monde, alors que la dernière participation du Maroc datait de 2007. La Fédération travaille depuis des années pour connaître ces compétitions, que l’on se qualifie régulièrement et soit performant. Il faut enchainer les participations. Dans une carrière, tu ne joues pas beaucoup de Coupe du monde. Donc, il faut tout faire pour y revenir à chaque fois. »

 

EVO : On a surtout fait connaissance avec les pays du Maghreb au Hand par la Tunisie et Tej donc. Au Maroc, c’est un sport de plus en plus important par rapport au foot ?
L.B. : « Oui. La Fédération travaille beaucoup pour former de jeunes joueurs au pays, montrer la qualité de notre équipe nationale et ensuite qu’ils aillent peut-être jouer en Europe. Un joueur comme notre gardien Yassine Idrissi fait aussi beaucoup pour la reconnaissance de notre sport. Il est né au Maroc et est arrivé très jeune en France où il a fait toute sa carrière depuis au plus haut niveau. Le Hand prend de plus de place au pays. Les gens sont ouverts à ce sport désormais. »

EVO : Tu as dû avoir un rôle à jouer à l’intersaison quand votre nouveau pivot, Mehdi Ismaili Alaoui est arrivé cet été. Tu lui as conseillé, à 29 ans, de te rejoindre par exemple ?
L.B. : « Le club le connaissait depuis ses performances lors de la dernière Coupe du monde. C’est un très bon joueur qui défend très bien. Il se donne à fond toujours sur le terrain et il nous apporte franchement beaucoup de choses. Au début de saison, on a joué avec Yasser (Boukheda) et Maxime (Mantey) au poste, mais ils se sont blessés. Quand Mehdi Alaoui est venu, il a tout de suite su s’adapter. Mentalement, il est bien dans sa tête. Son arrivée a changé beaucoup de choses. »

 

EVO : Avoir un compatriote dans l’équipe est primordial pour lui ? Dans l’équipe, il y a beaucoup de joueurs qui se connaissent aussi pour avoir joué ensemble dans d’autres équipes que l’Elite…
L.B. : « Oui, bien sûr. On parle souvent ensemble. Son adaptation a été très facile. Il est arrivé sur le terrain comme si cela faisait un an ou deux qu’il était là. On a joué ensemble au Maroc et aussi en sélection, comme lors de la dernière Coupe du monde. Il m’a demandé comment cela se passait en France. Je lui ai tout de suite conseillé de me rejoindre. »

 

EVO : Le prochain objectif, c’est de battre Dreux Vernouillet… ton ancien club ! Il faut enchainer les victoires.
L.B. : « Bien sûr… Ce n’est pas parce que je les connais qu’il faut les battre. Comme Armand et Wilhelm ont voulu battre Saintes, leur ancien club. Ce n’est pas qu’une question personnelle, mais il faut gagner les matches, plusieurs matches. A domicile, il ne faut pas perdre et faire le maximum pour s’imposer à chaque fois. »

 

EVO : La première victoire à Saintes a créé un déclic dans le groupe ?
L.B. : « On se donne à fond depuis le début. On a perdu des matches de peu et fait des matches nuls. Cette victoire a montré que l’on était plus concentré sur des détails qui nous ont fait perdre avant. Tout le monde a été là en même temps à Saintes. »

 

EVO : En cas de victoire, toi dans le groupe, tu fais partie des jeunes agités ou des plus anciens proches, les fans de musique, plus calmes, plus sages ?
L.B. : « Moi, je reste calme… Je ne suis pas du genre des “musiciens” à mettre l’ambiance. Quand on a battu Saintes, il y a eu une très bonne ambiance. On a eu un repos d’une semaine avant la reprise, où tout le monde est revenu avec la forme pour enchainer. Moi, j’essaie d’apporter du calme dans cette famille. »

 

EVO : Tu as un contrat professionnel avec l’Elite. Il te reste combien d’années encore ?
L.B. : « La saison 2021-2022. J’aimerais rester avec l’Elite. Mais on va voir en fonction de nos résultats, de notre progression. Pour le moment, on n’a pas encore entamé de discussions. On verra en mars ou avril. Je me sens bien ici et à 32 ans, je travaille beaucoup mon physique. Je vais essayer de jouer encore quatre ans peut-être, 35-36-37 ans. Maintenant, je viens aussi de commencer avec Safwann à préparer un diplôme d’entraineur. Je vais m’occuper des U18 de Franconville Le Plessis Bouchard pour leurs entraînements. »

 

EVO : Transmettre, c’est quelque chose qui te plairait en tant que sportif de haut niveau ?
L.B. : « J’adore ça, transmettre, expliquer. Je veux rester dans le milieu du Handball. C’est mon idée pour l’après-carrière. Le Hand, c’est ma vie ! Je pense à mon avenir. J’espère pourvoir entraîner et devenir coach un jour ! »

Interview : Frédéric Thoos (EVO)

Photos : Mathilde Plotton, Vanessa Broussier Moreau (EVO), David Turmine (HBC Parisis)

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