SUIVEZ-NOUS SUR
interviewLudovic Ramassamy : « Nos deux collectifs U18 Région et Département sont de vrais groupes de travail »

Elite Val D'Oise Handball

Ludovic Ramassamy : « Nos deux collectifs U18 Région et Département sont de vrais groupes de travail »

Greg’, Ludo, Seb’, ils sont trois entraîneurs à diriger les deux autres équipes U18 de l’Elite Val d’Oise Handball, qui évoluent l’une en Championnat Région et l’autre en Département. Un trinôme très intéressant, bosseur, complémentaire et ambitieux, mais aussi rieur – et sévère quand il le faut – dans un système de formation à trois étages pour un seul objectif : la performance dans l’apprentissage et le plaisir. Ludovic Ramassamy nous parle de ces deux équipes avec ses mots à lui validés par Grégory Chenin et Sébastien Lucret, bien entendu.

ELITE VAL D’OISE HANDBALL : Quel bilan dressez-vous du début de saison de vos deux collectifs Région et Département ?
LUDOVIC RAMASSAMY : « Le bilan est plus que positif en Département, avec une équipe construite pour beaucoup de jeunes U16 à qui on donne du temps de jeu et que l’on complète avec des U18 Région. C’est un groupe qui a envie de progresser et très envie de progresser dès que nous sommes en match. L’équipe Région, son bilan est mitigé. On s’attendait à travailler en Excellence Région avec ce groupe, c’était l’objectif qui n’a pas été atteint. Après, l’équipe est à sa place en Région poule basse. C’est ce que l’on pouvait obtenir d’eux au moins, car c’est un groupe avec des qualités positives dans l’investissement. Mais c’est un groupe qui part de loin, avec qui on travaille bien, mais qui souffre souvent d’absences, avec des enfants très précis sur leurs études. »

EVOH : Vous travaillez avec un panel de combien d’enfants au total ?
L.R. : « Une quinzaine d’enfants, avec un seul gardien malheureusement. La plupart de nos gardiens sont des U16 répartis sur les U16 Elite et les autres sont en U18 Championnat de France. Les week-ends, la répartition se fait au mieux selon les collectifs U18 France, U18 Région et Département et U16 Région.

 

EVOH : Quel est l’état des lieux que vous avez fait en début de saison et que vous faites encore aujourd’hui sur vos deux équipes ?
L.R. : « Le groupe Région est un groupe assez homogène dans le niveau, avec un niveau excellence Département, mais encore assez fort pour être au top de la Région. Le groupe Département est parti lui de 4 joueurs U16 que l’on a sus intégrer parfaitement aux U18 Région. On ne voit pas de différence en dehors peut-être de notre jeune gardien et un autre enfant un peu plus petit. Mais le constat est que pour cette deuxième équipe, on partait de loin, car on n’avait pas l’effectif. Aujourd’hui, on a un effectif assez riche au moins pour avoir deux équipes sur deux fronts un même week-end. L’équipe Départ jouera parfois à 8-9, mais c’est une bonne chose. Ce groupe global est un effectif fait pour travailler et non pas atteindre des objectifs sportifs. C’est un groupe de travail foncier et physique pour la Région et permettre à certains non pris au-dessus de jouer et pour permettre aux U16 Région non pris d’avoir du temps de jeu dans la catégorie au-dessus et mettre en pratique leur apprentissage hebdomadaire. »

 

EVOH : Vous avez un mode de fonctionnement spécial avec des entraînements communs avec les U18 CF et certains autres séparés. C’est pratique ou aussi difficile dans l’objectif de création d’un vrai groupe et son évolution ?
L.R. : « Il y a des points positifs et négatifs. Quand les joueurs de CF reviennent, les joueurs Région essaient d’augmenter leur niveau et prouver leur valeur. Le point négatif, c’est que les joueurs des U18 Championnat de France qui redescendent perdent de leur motivation, car ils ne sont pas pris en CF. Dans le cheminement des matches du week-end, le groupe France se créé tout d’abord et ensuite donc, on forme le groupe Région et enfin le groupe Département. Après, la création d’un vrai groupe est toujours compliquée quand on est assujetti à la performance. Car le terme Elite est un terme pour la performance. Créer un groupe est compliqué. Dans l’évolution, c’est aussi compliqué d’avoir toujours le même groupe constitué pour travailler. Mais dans l’ensemble, on a trouvé une base de travail agréable avec un pacte avec les jeunes : implication, progression et confiance. Et ça se passe plutôt pas mal depuis un moment en ce sens. »

 

EVOH : Les U18 sont répartis en 3 équipes, Championnat de France, Région et Département. Il y a un vrai différentiel dans la pratique entre tous les enfants, entre les objectifs sportifs, la pression aussi, comme entre les championnats ?
L.R. : « Oui, une très grosse différence. Le gap est important entre le Championnat de France et la Région. Cela vient du fait déjà que le groupe Région est très jeune. Il est là pour travailler. Les objectifs ne sont pas les mêmes selon les groupes. Des groupes sont constitués pour avoir des résultats sportifs et d’autres pour évoluer, progresser. Au niveau Région et Département, il n’y a pas de pression et les enfants se débrouillent plutôt bien. Mais même entre les championnats, le différentiel est énorme. »

EVOH : C’est à dire ?
L.R. : « Quand on a affronté le Paris Saint-Germain, l’adversaire avait fait “descendre” des joueurs Championnat de France et on a vu la différence avec nos joueurs Région qui travaillent bien. Le résultat de -30 a stigmatisé cette différence de niveau. »

 

EVOH : Comme Raphaël Vaquerin, le coach des U18 CF, pensez-vous que les U18 sont parmi les pratiquants qui ont le plus souffert du manque de pratique et de compétition pendant près de 18 ans mois à cause de la Covid-19 ?
L.R. : « Je pense qu’entre 15 et 18 ans, la pratique a largement pâti de cette période. Les enfants ont perdu le gout du travail, de l’effort, de l’envie de faire du sport et à cet âge, ils se sont tournés vers d’autres activités, peut-être plus passionnantes, bien que pour moi, le sport est une passion. Mais à cet âge, les envies sont différentes. »

 

EVOH : Quels sont vos objectifs cette saison ? Tant du point de vue des résultats, du sportif que de l’humain ?
L.R. : « Travailler, progresser, travailler, progresser, travailler, progresser, il n’y a que ça qui compte. Sportivement, que les jeunes deviennent plus matures, qu’ils grandissent, qu’ils arrivent à prendre des décisions seuls et à évoluer dans le jeu. En fin de saison, nos U18 Région et Département doivent être en capacité de prendre des décisions seuls sur le terrain sans être formaté dans un seul type de jeu. Ils doivent être capables de mener le jeu, savoir quand attaquer, quand défendre, quand mettre un temps fort, quand mettre un temps faible. »

 

EVOH : A l’image des U18 France qui doivent se maintenir en Championnat de France, pratiquer en Région, c’est important dans l’idée de culture du Hand chez les jeunes ?
L.R. : « C’est très important d’être en Région pour avoir une certaine culture du Hand et un certain niveau. Cette culture, on ne l’acquiert qu’à un certain niveau justement. Il est très difficile avec cette culture quand on est en Département, au plus bas niveau. On rencontre trop de joueurs qui ne “savent pas jouer”. La pratique y est différente. Il faut être à un niveau minimum pour garder le Hand techniquement et tactiquement. »

EVOH : Raphaël se plaignait aussi d’un manque de “culture Hand” chez ses enfants en région parisienne. C’est un constat que vous faites aussi avec vos joueurs ?
L.R. : « Oui, en région parisienne, c’est une culture différente. La région parisienne est compliquée, car le vivier est énorme par rapport à ce qu’il se passe ailleurs. Les enfants parisiens ont d’autres centres d’intérêt. Et si c’est le cas, c’est pour leur culture éducative, des études, des loisirs. Maintenant, oui, on manque de jeunes passionnés par le Hand, à moins que ce ne soit une réalité du terrain qui les limite, comme un manque de temps aussi. Une carrière au Hand, c’est très compliqué. Surtout si à 18 ans, on n’est pas dans un groupe au potentiel énorme, en minimum N1 ou réserviste de D2, on sait qu’on ne fera pas carrière dans ce sport. La culture du Hand prend un coup et on se tourne vers d’autres centres d’intérêt pour pouvoir vivre. »

 

EVOH : Trois équipes ont été encore créées cette saison, parce que le panel est très large et il faut répondre à toutes les pratiques, niveau, envie. On connaît le mode de fonctionnement de l’Elite avec des joueurs qui basculent d’un collectif à l’autre. Ce panel est-il trop large et compliqué à vivre ou nécessaire si on veut faire de la pratique à très haut niveau et du coup ce serait un atout ?
L.R. : « Les créations d’équipes répondent à une demande forte de licences. Maintenant, ce sont des convictions relatives à des directeurs sportifs qui ont une culture et un projet club. Le projet club en Région, on le visualise un peu, alors qu’en Département, on n’en a pas trop, sauf de pouvoir faire jouer des joueurs. »

 

EVOH : Raphaël a identifié des passages clés dans la carrière jeune du Handballeur. L’âge de 12 ans, la période 12-16 et cette catégorie des U18. C’est votre avis ?
L.R. : « L’enfant entre 12 et 16 ans évolue en bien intellectuellement, psychiquement, spirituellement et surtout athlétiquement. C’est là où il commence à trouver son poste, à prendre des responsabilités, à évoluer et c’est là forcément où il va donner un sens à sa carrière : “est-ce que je suis intégré à un haut niveau et je continue à travailler ?”… Il faut continuer à faire travailler ceux qui étaient potentiellement très forts quand ils étaient petits sans faire d’effort. On connaît beaucoup d’enfants très forts en jeune et qui ont arrêté de travailler à cet âge ou continué à juste vivre sur leurs qualités. C’est là qu’il faut continuer à travailler et viser le plus haut possible, car à 16 ans, on doit être en capacité, si on est dans un club fort et si on travaille fort, de frapper à la porte de l’effectif au-dessus de vous. »

 

EVOH : Vous êtes les derniers coaches que certains vont avoir dans leur carrière jeune (les 2004 cette année, les 2005 l’an prochain). Cela vous donne encore plus de responsabilités ? Plus de difficultés aussi par rapport à une période de leur vie d’enfants/ados où ils sont confrontés à des choix de vie, scolaires et sportifs ?
L.R. : « J’ai entraîné beaucoup de jeunes et les objectifs sont différents. A cet âge-là, les objectifs sont différents. Nous, on les pousse à devenir adulte. Tant bien sur la préparation d’un match, l’investissement à un fondement, sur l’échauffement où on ne doit plus être derrière eux pour leur dire comment s’échauffer, en match ou ailleurs. On leur apprend à grandir et on les prépare au monde adulte. Ils se feront croquer physiquement s’ils ne respectent pas la partie athlétique de l’entraînement. Après, on n’a pas nous plus de responsabilités. Tout entraineur a une spécificité selon l’âge et une responsabilité toute aussi importante quel que soit l’âge. Que l’on parte du Baby Hand au U18, on a des responsabilités avec des objectifs différents, mais pas plus un coach ou l’autre. La difficulté de notre âge est plus dans l’extra-sportif, avec des choix à faire. Attention, tout est compatible, il suffit juste d’être organisé. Mais c’est eux qui font les choix, alors que nous, on les prépare juste au monde adulte. C’est eux qui ont le dernier mot. »

EVOH : La filière formation de l’Elite Val d’Oise a intégré les U16 Région cette saison. C’est un atout pour vous également dans l’idée de fonctionnement U16-U18 ?
L.R. : « C’est un atout à la fois pour eux comme pour nous. Pour les enfants, cela permet de pratiquer leur sport à un niveau physique plus fort et se confronter un peu à ce qu’ils trouveront en U18. Pour nous les coaches, c’est un plus pour nous qui travaillons avec des jeunes qui sont très très bien formés par Vincent (Blanchard, avec son binôme Alex Potet) en-dessous de nous en U16. C’est très agréable de pouvoir utiliser ses joueurs de temps en temps le week-end. »

 

EVOH : On a parlé des joueurs, des objectifs, des championnats, mais pas de vous trois, les coaches de nos U18 Région et Département, Grégory Chenin, Ludovic Ramassamy et Sébastien Lucret. On ne met pas assez les coaches en avant dans la gestion et l’apprentissage. Comment qualifieriez-vous ce trio ? Il est une richesse pour les enfants et un atout pour vous ?
L.R. : « Nous formons un trinôme complémentaire de A à Z. Greg a une culture du Hand beaucoup plus importante que nous, avec Sébastien. Il est beaucoup plus sage, alors que Seb’ et moi, on est plus fougueux. On apporte plus de rentre-dedans. Greg va apporter une science du jeu plus forte et nous, on complète avec cette volonté d’être fort, s’investir physiquement, ne rien lâcher, les pousser à bout pour les mener vers le positif dans leur plus grand intérêt. On forme vraiment un trinôme plutôt complémentaire. »

Interview : Frédéric Thoos (EVOH)

Photos : Collectif U18 Région et Département (EVOH)

QUICK CONTACT INFO

Meet your new team leader, Top Scorer! Create your NFL or sports website, win the online sports game and dominate your competition.

Monday-Friday: 9am to 5pm;

Satuday: 10am to 2pm