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interviewYasser Boukheda « On est juste en train de construire notre équipe et notre projet de jeu »

Elite Val D'Oise Handball

Yasser Boukheda « On est juste en train de construire notre équipe et notre projet de jeu »

A 27 ans, Yasser fait partie des anciens du club. Arrivé en 2016-2017, il a connu la Proligue avec Saint-Gratien Sannois puis la redescente en N1, avant la naissance du projet de l’Elite Val d’Oise Handball. Formé au Montpellier HB, ce trader dans la vie gère aussi avec le plus grand sérieux la fameuse “caisse noire” d’un collectif N1 en pleine construction, qu’il espère lancé à terme vers le 2e niveau professionnel ! Après une longue journée de travail, Yasser s’est livré à nous sans langue de bois.

Elite Val d’Oise Handball : Dimanche, vous avez remporté votre deuxième succès de la saison, le premier à domicile contre l’US Dreux Vernouillet. Un moment spécial, puisque tu reprenais après une grosse luxation à l’épaule lors du premier match à Annecy. Comment te-sens-tu ?
Yasser Boukheda : « C’était un soulagement de reprendre en match, même si je ne suis pas à 100 % et que ce n’est donc pas l’idéal pour moi. Maintenant, l’équipe a fait du bon boulot ce week-end. Il n’était pas question de changer le dispositif. Donc, j’ai peu joué, ce qui était pas mal pour encore gagner du temps pour me remettre. Et il y a eu la victoire à la clé ! »

 

EVO : Une grosse blessure à Annecy en ouverture du championnat pour deux mois d’absence.
Y.B. : « C’est ça. Je reviens petit à petit pour être prêt pour les prochains matches, car la saison est longue. C’est bien de pouvoir s’imprégner de l’ambiance du groupe avant de se jeter dans les matches à enjeu directement. »

 

EVO : Comment as-tu vécu le début de saison de l’équipe jusqu’à ces deux succès à Saintes et contre Dreux Vernouillet ?
Y.B. : « Ce sont des victoires entre guillemets “logiques”. On doit gagner ces matches. Le faire, c’est bien. Mais je pense que si on se satisfait de ça, on n’ira pas bien loin. Il faut continuer à travailler, le projet de jeu se met en place petit à petit. Ce n’est pas en deux mois que l’on aura un projet de jeu bien léché, comme on veut l’avoir. C’est pour ça que l’on a commencé doucement, même si on donne tout et que l’on a produit des choses intéressantes. Pour jouer notre jeu, il faut du travail et du temps. Et avec une équipe comme ça, petit à petit, on va monter crescendo et on sera dangereux pour les autres. »

 

EVO : C’est encore plus difficile, car le groupe a encore beaucoup changé à l’intersaison, même s’il s’est bonifié. Depuis 2-3 ans, le groupe évolue beaucoup.
Y.B. : « Ouais, c’est compliqué. Après, généralement quand tu as des joueurs de Hand de ce niveau-là, tout le monde doit être capable de s’adapter et aller dans la même direction et s’adapter à un projet de jeu. »

 

EVO : Tu as peu d’expérience en match avec ce nouveau groupe. Comme le juges-tu ?
Y.B. : « Il n’y a aucun débat là-dessus. C’est un groupe qui vit bien, agréable. Ça se passe très bien. Les nouveaux se sont super bien adaptés. Historiquement, dans ce groupe de Saint-Gratien Sannois puis de l’Elite Val d’Oise, il y a toujours eu une bonne ambiance. On a un bon cadre, une bonne structure, des bénévoles super et une bonne ambiance aux matches. Il n’y a pas de raison que ça ne se passe pas bien. On est juste en train de construire notre équipe et notre projet de jeu. Pour jouer comme on veut jouer, il faut du temps. Petit à petit, ça va arriver. »

 

EVO : Quel est ce projet de jeu ?
Y.B. : « C’est un Hand avec du second temps, avec des prises d’espace précises, une finalité où tout le monde connaît chaque enclenchement et de l’adaptation par la suite. Cela veut dire avoir un socle commun que tout le monde maitrise bien avec des enclenchements qui peuvent faire mouche. A notre technicité propre à chacun de s’adapter à toutes les situations. »

 

EVO : Tu disputes déjà ta 6e saison au “club”, entre Saint-Gratien Sannois et l’Elite avec Franconville Le Plessis Bouchard. Le projet monte un peu plus chaque année, avec notamment ce statut VAP cette saison ?
Y.B. : « Après l’ascenseur en Proligue avec Saint-Gratien Sannois, il a fallu se redonner des objectifs, se restructurer. On a connu une période normale de flottement. Mais le club a su se restructurer et retrouver un but pour l’ensemble de ses équipes avec l’Elite. Cela se ressent dans la structure que l’on voit évoluer, les joueurs que l’on arrive à faire venir. On a des contrats pros, des joueurs qui s’entrainent le matin. C’est un pas de plus vers la Proligue. Attention, ça ne fait pas tout. Mais avec les joueurs que l’on a, j’estime que l’on est largement capable d’assimiler un projet de jeu de bon niveau, ambitieux et d’obtenir de bons résultats. »

EVO : Tu as connu la Proligue à Saint-Gratien Sannois avec Fabien Segarel. Avez-vous retenu des leçons précises de ce passage N1-Proligue-N1 ?
Y.B. : « Je pense que la Proligue, c’est maintenant de plus en plus sérieux. Les équipes sont de plus en plus professionnelles avec des joueurs qui arrivent de toute part. Forcément quand tu montes, il faut être structuré, avoir les armes. Avec des équipes dans lesquelles ça se passe bien, tu peux faire des petits coups. Mais pour avoir connu ce championnat, il faut monter avec les bonnes armes et un club surtout très bien structuré. »

 

EVO : Parlons de ton parcours dans ce sport. Tu as débuté dans un des meilleurs clubs de Hand de France, le Montpellier HB.
Y.B. : « Exactement ! J’avais 11 ans. J’ai fait de l’athlétisme aussi et un peu les deux en même temps. Mais comme Montpellier est une terre de Hand, j’y suis venu grâce aux opérations dans les écoles. »

 

EVO : Tu as toujours joué pivot ?
Y.B. : « J’étais assez polyvalent. J’ai pas mal joué demi-centre quand j’ai commencé et sur mes fins de saison en N1 à Montpellier. Dans ce club, on a une certaine culture du Handball, où tout le monde apprend la même chose. Donc, tu es sensé pouvoir t’adapter. J’ai une bonne vision du jeu de manière générale. Donc pour ce poste, c’était pas mal. »

 

EVO : Dans ce genre de club de très haut niveau, un des meilleurs de France et en Europe, tu as un apprentissage très précis ?
Y.B. : « Oui, c’est très précis. Par contre, tu ressens la différence de culture quand tu passage d’une région à une autre. Quand je suis arrivé sur Paris, à Nanterre, c’était un autre Handball. Il faut s’adapter et voilà. Mais le Handball que l’on apprend à Montpellier est un très bon Hand qui m’a permis de continuer encore des petites années après mon départ. »

 

EVO : Pourquoi avoir quitté Montpellier ? Pour un projet de vie et de travail ?
Y.B. : « Je suis monté sur Paris pour les études. Au final, comme on a pas mal de clubs ici, c’était sympa de continuer à un bon niveau. J’ai continué et voilà. J’étais en contact dès ma première année dans la région avec Saint-Gratien Sannois (en 2015-2016). Daniel Deherme était alors l’entraîneur. Mais comme je suis arrivé un peu tard, j’ai commencé par jouer avec Nanterre, puis Daniel m’a récupéré pour l’année en Proligue. Je faisais une Ecole d’Ingénieur après deux ans de Prépa. »

 

EVO : Ce passage à Saint-Gratien Sannois puis dans le projet de l’Elite Val d’Oise créé en 2017-2018 s’est donc fait tout naturellement…
Y.B. : « Daniel connaissait aussi des coaches de Montpellier. Donc, il me connaissait. Cela a facilité les choses et ma venue ici. »

EVO : Un partenariat existe désormais entre l’Elite Val d’Oise et Montpellier depuis cette année. C’est une belle chose…
Y.B. : « Oui. C’est génial. Cet été, on a fait notre stage de préparation avec l’équipe de Montpellier. C’était un bonheur. J’ai retrouvé les coaches qui m’ont formé, m’ont permis d’en arriver là. C’est gratifiant de voir que les mecs sont toujours là et pensent du bien de toi. »

 

EVO : Quittons le gymnase. Que fais-tu en dehors du Hand ?
Y.B. : « Je suis trader à la Société Générale, sur la dette d’État. Mon après-carrière est tout tracé. Je ne suis pas un joueur professionnel. Donc je travaille et je m’entraîne le soir. Nous, on signe des contrats à l’année quand on n’a pas de contrat pro et c’est renégocié assez vite. »

 

EVO : Tu auras 28 ans en février prochain. Tu es donc encore très jeune. Tu veux t’inscrire dans ce projet de l’Elite Val d’Oise Handball sur le long terme ?
Y.B. : « Carrément. Je suis bien à l’Elite. C’est une bonne proximité avec le travail. C’est cool pour moi. Ça me permet de rester actif et faire deux choses différentes… »

 

EVO : Quel est ton rôle dans le groupe ?
Y.B. : « Je suis un ancien… sans être vieux. J’ai fait pas mal de saisons de N1. J’ai commencé en N1 à 17 ans avec Montpellier. Cela fait une petite dizaine d’années que je joue à ce niveau. Je connais pas mal le niveau. J’ai connu le championnat en tant que petite équipe, grosse équipe, équipe reléguée de Proligue… Même si je ne suis pas le plus ancien en âge, j’ai une bonne expérience que j’essaie d’apporter comme je le peux. Même si c’est difficile en tant que jeune et que l’on a de l’expérience. Mais il y a le respect des anciens. »

 

EVO : Dans ce groupe, tu réussis à t’imposer entre les “musiciens”, les jeunes, les plus vieux, les calmes et les autres ?
Y.B. : « Totalement ! Mes relations sont fluides dans le groupe. J’ai toujours eu le respect des anciens. Il n’y a donc aucun débat là non plus. On a la chance d’avoir des joueurs d’expérience comme Segz et Maro. Si on peut apporter dans d’autres domaines, on le fait. »

EVO : En discutant avec les autres, il ressort que le chef de la fameuse caisse noire entre joueurs, c’est toi !
Y.B. : « Je fais partie des collecteurs de la caisse noire, avec Armand (Civil), Lucas (Meyffret) et Simon (Lavialle). »

 

EVO : En es-tu un client ?
Y.B. : « Je suis un client moyen, pas un bon client, sur des retards plus qu’autre chose. Nous, on a des clients pour les retards, les oublis, les énervements – là les gardiens sont spécialistes – et il y a des clients puits aussi ! »

 

EVO : Des clients puits ?
Y.B. : « Ils se reconnaitront (il rigole). Un puits, c’est un rebond très fort sur le sol qui remonte en tribune (il rigole à nouveau). Ce genre de tir est sanctionné très lourdement. »

 

EVO : La caisse noire est bien dotée après deux mois de championnat ?
Y.B. : « Ça va. Je m’en occupe. On a une blague courante avec l’équipe. On a mis la caisse noire en Francs Suisses, car c’est une monnaie qui représente la sécurité et la richesse ! On fera quelque chose en fin de saison avec pour le tout le groupe. »

 

EVO : Quel est ton objectif pour cette saison avec l’Elite ? Après bien entendu être revenu à 100 %, tu veux retrouver la Proligue en fin de saison ? Ou pour le moment performer et voir ?
Y.B. : « Terminer dans le trio de tête ou les quatre premiers, c’est pas mal, un objectif atteignable avec ce que l’on a déjà connu. C’est largement atteignable ! Mais comme je l’ai dit, il faut assimiler le projet de jeu, que ça se passe bien entre nous et là, on pourra être super confiant sur notre position en fin d’année. »

 

EVO : Il reste deux déplacements à Pau et Poitiers et deux matches à domicile contre le Paris SG et Frontignan jusqu’à la fin d’année. Il faut commencer par bien négocier ces matches-là, avec sérieux et application…
Y.B. : « Totalement ! C’est toujours bien de gagner, même si ce sont des victoires logiques. On va continuer comme ça. Insuffler une bonne dynamique au groupe, c’est important. Ça permettra dans les moments difficiles d’avoir toujours la motivation et de garder l’objectif en tête. »

 

EVO : Comme tu dis, il faut se dire que rien n’est fait si tu gagnes deux matches de suite, mais aussi que rien n’est noir si tu as un accident de parcours…
Y.B. : « Oui, c’est exactement ça. »

Interview : Frédéric Thoos (EVO)

Photos : Vanessa Broussier Moreau (EVO), Fred Dewally, Sébastien Torchio (Annecy SAV Handball)

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